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25/09/2012
Courrier aux députés et sénateurs

Madame le Député,
Monsieur le Député


Monsieur le Sénateur
Madame le Sénateur

 


      Il nous semble urgent d'attirer votre attention sur un problème grave concernant notre langue régionale, la langue d'oc ou langue occitane, qui s'exprime dans notre région sous la forme du provençal, de l'alpin ou du niçois.

      Nos élus ont été sollicités à plusieurs reprises, et le sont encore actuellement, par un groupe local très remuant qui milite pour la séparation des parlers originaux de notre région d'avec le reste de la langue d'oc, qui est en usage dans les 32 départements du sud de la France, des Alpes aux Pyrénées, selon la formule de Mistral, ainsi qu'au Val d'Aran et au Piémont.

      Ce groupe répand l'idée que l'occitan serait une langue étrangère que l'on voudrait imposer à notre région. Ces propos relèvent soit de l'ignorance, soit de la malveillance. Aucune association de défense de la langue régionale, en Provence comme ailleurs, de tendance occitaniste ou mistralienne, ne professe une pareille absurdité. L'occitan est le nom que la très grande majorité des linguistes modernes, en France et à l'étranger, donnent à l'ensemble des variantes de la langue d'oc entre les Alpes et l'Atlantique. Comme toutes les langues naturelles du monde, la langue d'oc, ainsi que l'a toujours affirmé Frédéric Mistral, constitue une seule langue avec diverses variantes, toutes égales en valeur et chacune la représentant entièrement là où elle est parlée et écrite.

      En demandant aux pouvoirs publics nationaux d'officialiser la séparation de notre région du reste des régions méridionales, on préconise une mesure qui serait catastrophique pour l'avenir de notre langue. On donnerait ainsi l'impression qu'elle s'éparpille en dizaines de langues rivales et étrangères les unes aux autres, chacune se fermant sur un étroit localisme, alors qu'elle ne peut tirer sa force que de son unité et des échanges qu'elle permet entre ses différentes variantes, ainsi qu' avec les autres langues latines qui l'entourent.

      De telles aberrations contredisent ce qu'ont toujours soutenu tous les mouvements de promotion de notre langue régionale, qu'ils soient de tradition félibréenne ou occitaniste. Une décision nationale qui piétinerait la pensée de Frédéric Mistral sur ce sujet serait pour nous totalement inacceptable, et nous nous y opposerions tout le temps qu'il faudra avec la dernière énergie. Nous vous demandons instamment de ne pas leur donner votre caution.

      En revanche, nous comptons sur votre appui pour faire avancer rapidement l'adoption d'une loi favorisant le développement des langues régionales en préparation depuis la précédente législature à l'Assemblée comme au Sénat, et soutenir la promesse du Président de la République de faire ratifier la Charte Européenne des langues Régionales.

Nous vous prions d'agréer,

      Madame le Député
      Monsieur le Député
      Madame le Sénateur
      Monsieur le Sénateur
l'assurance de notre très haute considération.

Le secrétaire de l'Aeloc            

 


Date de création : 25/10/2012 - 22:18
Dernière modification : 25/10/2012 - 22:19
Catégorie : Archives - Nos interventions-2012
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