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Icones/Nouvelles_novas/ico_informations/button_0.pngDÉCÈS D’ANNE-MARIE POGGIO - le 27/01/2022 19:25

Guy_Liegeois_9721.jpegDécès d'Anne-Marie POGGIO

Militante exemplaire de la cause occitaniste, Anne-Marie Poggio nous a quittés le 20 Janvier à l’âge de 74     ans.

Née à Marseille, sa venue à l’occitanisme s’est initiée dans le cadre familial grâce à sa tante Rose-Marie Poggio, enseignante fondatrice avec Charles Mauron du « Prouvençau à l’Escolo », créé à l’occasion d’un stage du Calen de Marseille de Jòrdi Reboul, à une époque où la forte dynamique de ce qui allait devenir la souche de l’occitanisme provençal se développait au sein du Félibrige, et aurait pu lui donner une envergure dont l’histoire l’a finalement amputé. Son frère Yves, filleul de Guy Martin, l’avait précédée dans la militance en créant avec son parrain, Robert Lafont, Christian Baylon et Claude Barsotti le premier manuel moderne d’apprentissage de la langue édité par le CRDP de Marseille, « Parlam Provençau ».

C’est en tant que maîtresse d’école, à Marseille puis à Aix, qu’Anne-Marie allait vivre l’expérience de la création des maîtres itinérants de langue régionale sous la direction de l’inspecteur Guy Garnier, notre regretté président d’honneur, qui allaient à mi-temps enseigner la langue dans les écoles des Bouches du Rhône. Avec Rémy Salamon, et les regrettés Guy Agnèse et José Roulet, elle a participé à la rédaction des 6 livrets « Langue d’oc et culture régionale à l’école », édités par l’AELOC quand elle s’appelait encore « Association des enseignants de provençal et d’alpin ». Ces livrets, que l’AELOC est en train de rééditer, et où les deux graphies classique et mistralienne se côtoient rigoureusement à parité pour a première fois en Provence, ont été la bible de tant de maîtres qui ont préparé le développement spectaculaire des écoles semi-bilingues officialisées dans le département par l’inspectrice Sonia Henrich.

On lui doit d’abord une des créations les plus originales et les plus fécondes de l’occitanisme provençal, le Centre culturel Occitan de Chantebelle, au plus sauvage du Luberon dans une maison rupestre fournie par Pierre Pessemesse, qu’elle a tenue pendant des années avec Yves Turcan pour y offrir à des dizaines de passionnés une initiation à la langue, à la musique, à la danse qu’elle pratiquait souverainement, dans une ambiance inoubliable pour tous ceux qui y sont venus libérer leur langue.

Entre temps elle intégrait les instances dirigeantes de l’Institut d’Etudes Occitanes, tant au niveau provençal que national, et elle y a tenu une place de premier plan jusqu’à son décès. Elle a initié et organisé jusqu’aux temps du confinement les Ecoles Occitanes d’Eté, d’abord à Apt, puis à Arles, et enfin dans la fraîcheur alpine. En relation permanente avec les groupes musicaux et les foyers culturels de l’espace provençal, elle éditait et diffusait le précieux bulletin « La Clau » de l’association aixoise du même nom pour informer sur les événements du moment. En tant que membre éminent de la coordination « Anem, òc ! Pèr la lenga occitana », elle a préparé les grandes manifestations nationales pour la défense de la langue, et c’est dans l’instance régionale de cette coordination qu’est né le Forum d’Oc de Provence-Alpes-Pays Niçois sous l’impulsion du Félibrige, de l’IEO, et des associations d’enseignement (AELOC, APLR, Calandretas), dont Anne-Marie a constamment fait partie de l’équipe dirigeante.

Cette vie de fidélité complète à son idéal, elle l’a menée avec passion, et avec une force de caractère qui s’est souvent heurtée à ceux qui lui tenaient tête. Mais même quand ils ont rompu des lances avec elle, ils lui ont conservé leur respect et ils ont reconnu sa générosité, qui animait ses choix politiques, son souci de l’urgence planétaire, et son engagement pour la cause animale motivé par son autre passion aussi forte que l’autre, celle des chats.

A ses proches et à tous ceux qui ont gagné quelque chose en la côtoyant, l’équipe de l’AELOC exprime toute sa sympathie.    

OBSÈQUES

Anne-Marie sera incinérée au crématorium du cimetière Saint Pierre à Marseille le lundi 31 Janvier à 10 heures. Ni fleurs ni couronnes.

A cause des mesures sanitaires, la famille a averti que seulement 15 personnes supplémentaires pourront être présentes dans la salle. A la fin de la cérémonie on entonnera le « Se canta ».

Photo Guy Liégeois


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